(Inde du Sud) Punarjani, le rivage de l’amour

Punarjani, le rivage de l’amour

Renaissance d’un village au Kerala

Quand les femmes de toute une région travaillent ensemble pour éradiquer la pauvreté et créent un modèle de gestion de l’environnement dans leurs villages, cela donne le remarquable projet Punarjani qui signifie renaissance en sanskrit, soutenu par l’AREED, une ONG française.

Katamkera a tissé des liens avec un groupe de femmes du petit village de Perumplally qui ont construit un eco cottage nommé Sneehateeram. Sneehateeram  signifie le rivage de l’amour en malayalam.

On découvre le projet en séjournant dans la maison communautaire en profitant des cours de cuisine donnés par Veena, de parties de pêche, canotage, visite de la fabrique de coco et rencontre avec les gens du village.

Après le tsunami

Les  villages d’Aratupuzzha et Perumpally furent  totalement dévastés par le tsunami de 2004, 31 personnes perdirent la vie et ce fut une véritable catastrophe à la fois économique et écologique. Tous les puits d’eau potable étaient contaminés par l’eau stagnante*.

* Au Kerala existe tout un réseau de canaux utilisés aussi bien pour la navigation que pour la pêche. Avant le tsunami, beaucoup de ces canaux servaient de poubelles et après le tsunami, l’eau ne pouvait pas s’évacuer car tout était bouché.

La première phase du projet a consisté à assainir et nettoyer les canaux pour que la population puisse avoir accès de nouveau à l’eau potable. Les canaux ont ainsi été nettoyés et des systèmes de récupération  d’eau potable ont été installés.

Les femmes des villages se sont fortement engagées dans le projet.

Les comportements ont progressivement changé avec de nouvelles pratiques plus respectueuse de l’environnement, fonctionnement communautaire et efforts pour limiter la pollution et les déchets…installation de bio digester pour fabriquer du biogaz pour la cuisine, participation des enfants dans les écoles.

Progressivement, l’augmentation de la teneur en oxygène de l’eau dans les canaux a fortement contribué à l’amélioration de la biodiversité du milieu aquatique de ces canaux. Cette même eau peut désormais alimenter des bassins de pisciculture et certains puits servant aux usages domestiques.

Une des mesures les plus importantes du projet était d’introduire des programmes favorisant des activités génératrices de revenus.

L’élevage de poissons a été introduit dans les sources d’eau salée, dans des lacs et des lagunes abandonnés. Les bénéfices ainsi obtenus sont partagés à parts égales par la population locale.

L’autre ressource fut la rehabilitation de l’industrie du coco par les femmes qui fabriquent des tapis et des bijoux.  Une industrie de géotextile à base de fibre de coco a vu aussi le jour qui a servi  à consolider les berges des canaux réhabilités.

Un modèle d’éco tourisme

Une autre source majeure de revenus est l’éco tourisme. Des lodges écologiques ont été construites, et tout un groupe constitué par des guides, femmes de ménages,  conducteurs de voiture et de bateau, commerçants, a été engagé pour participer au projet.

En séjournant au village, les touristes ne sont pas de simples clients mais bien des participants  (conscients ou inconscients) dans le processus de développement. Tous les profits ainsi réalisés sont utilisés par la suite pour le développement commun d’activités du village.

Ainsi s’est développé  un tourisme communautaire qui s’est greffé sur le projet environnemental. Cet enjeu majeur pour ces populations a été bien compris par les autorités du gouvernement du Kerala qui prend désormais ce projet en référence pour le développer vers d’autres secteurs de la région d’Alleppey.

Les autorités locales ont ainsi confié aux équipes Punarjani, la  mise en place d’un système de traitement des eaux usées et des déchets  des « house boats » sur le site touristique d’Allepey. En effet ces bateaux déversent directement leur déchets dans les lagunes créant un problème de pollution considérable pour les habitants qui utilisent cette eau pour leur besoin quotidien. Ce système a été testé durant deux ans et a montré son efficacité. Il devrait obtenir un agrément d’Etat qui autoriserait les bateaux à traiter leurs eaux usées via ce nouveau système. Un vrai réveil des consciences est en train de s’opérer au Kerala.


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