Traversée du Laos à la Chine


Voyage du Nord Laos au Yunnan

Laos – Chine

16 jours au départ de Luang Prabang

« Des esprits joyeux sur une montagne de brume »

Des journées sans fin immergées dans la douceur du Laos, la beauté du Yunnan cinématographique et l’extrême bienveillance de ces populations composent cette aventure dans un monde asiatique fascinant.

Deux formules de séjour sont proposées : l’une sans yoga et une autre avec yoga incluant une pratique avec quotidienne avec votre enseignant.

Passer la frontière chinoise depuis le nord du Laos. Une traversée quelque peu dystopique du Laos rural dans un train chinois de toute dernière technologie pour entrer au Yunnan…

Le voyage commence par l’indolente Luang Prabang, ancienne colonie indochinoise endormie dans un bras du Mékong et se poursuit vers les montagnes du nord où l’on remonte le temps sur de petites embarcations de bois jusqu’au fin fond de la rivière Nam Ou.

Passé la frontière, le moment sera venu de scanner les innombrables QR code pour arriver à Xichuangbana, la porte du Yunnan. De déguster l’emblématique Pu’er, le plus vieux thé du monde tout en marchant sur une montagne de rêve puis de se familiariser, le soir venu avec le fonctionnement de la smart room de l’hôtel chinois.

Le voyage sera également une invitation à approfondir la philosophie bouddhiste, à la rencontre des boddhisattvas de la compassion et de la sagesse lors de belles marches sur des sites verdoyants mystérieusement preservés et dans de remarquables jardins.

 

Le fleuve Mékong

Comme le Nil, l’Amazonie, le Gange ou le Mississipi, le Mékong est un fleuve qui nourrit l’imaginaire. Prenant sa source dans le Qinghai sur les hauteurs du plateau tibétain, il irrigue la Chine ou il est appelé « Lancang » ( turbulent) dans le Yunnan.

Appelé Mékong  (mère des rivières) au Cambodge, Laos et en Thaïlande,  il borde le Laos marquant la frontière avec la Birmanie puis celle de la Thaïlande avant de redescendre le Laos pour atteindre le Cambodge où se forment les premiers bras de son delta qui se prolonge dans le sud du Vietnam ou il est nommé le « fleuve des neuf dragons ».

Points forts

Voyage avec Lydia Gaudin, experte en culture asiatique et avec un accompagnateur chinois anglophone

Transport en train à grande vitesse en Chine et du Laos en Chine

Luang Prabang, ville culturelle classée Unesco et le sanctuaire des éléphants Shangri Lao

Immersion dans un village de tisserandes et pêcheurs du nord Laos

Découverte de l’ancienne culture du thé Pu’er au Yunnan

La nature et l’homme dans l’esthétique chinoise, visite de belles demeures restaurées

Le magnifique jardin des trois pagodes et le spectaculaire temple de Chongsheng à Dali

Randonnée culturelle jusqu’aux grottes bouddhistes (1300 ans d’histoire) des montagnes Shibaoshan

 

L’esprit du thé

 

 

L’esprit du thé trouve son origine dans une personne bien réelle vers le Xe siècle, Pa Aileng qui mena son peuple jusqu’à la montagne Jingmai où il découvrit les propriétés médicinales des théiers sauvages et décida de les domestiquer.

De nos jours, une variété spécifique reste intimement liée à la montagne Jingmai, entretenue depuis plus de mille ans dans les vieilles plantations de Camellia sinensis var. assamica. Il s’agit du thé noir, de sa version sombre au goût puissant, le pu-erh. Certains connaisseurs qualifient ce thé convoité d’or liquide, en partie parce que nombre de producteurs le laissent fermenter pendant au moins dix ans, ce qui lui confère une saveur intense et lui donne encore plus de valeur. En Chine, les classes aisées en pleine expansion comparent volontiers à un bon vin ce thé légèrement amer au goût de noisette et de terre qui s’adoucit et se complexifie avec l’âge, et devient même une pièce de collection atteignant des prix très élevés…

Jour 1

Départ de Paris RCDG en fin de journée pour Luang Prabang via Bangkok ou Hanoi

Jours 2 – 3 

Luang Prabang

Arrivée dans la matinée.

L’hôtel est une maison traditionnelle laotienne où vous aurez le bonheur de prendre votre petit-déjeuner face à la rivière Nam Khan.

Visite de la ville classée au patrimoine mondial de l’Unesco. La petite cité est bâtie sur une péninsule formée par le Mékong et la rivière Nam Khan.

Le Laos ayant fait partie de l’ancienne Indochine, Luang Prabang offre un bel ensemble architectural très bien préservé, bâti au fil des siècles mêlant l’architecture sophistiquée des édifices religieux, des constructions vernaculaires et des bâtiments coloniaux.  La ville eut la chance d’être épargnée par les bombardements américains lors des guerres d’Indochine  et du Vietnam alors que toutes les villes du Nord Laos furent détruites.

Les trente trois pagodes de Luang Prabang sont parmi les temples bouddhistes les plus sophistiqués de l’Asie du Sud-est et sont richement décorées de sculptures, gravures, peintures, dorures et pièces de mobilier.

Le Vat Xieng Thong* le temple de la Cité d’Or est l’un des plus beaux sanctuaires bouddhistes du Laos.

*Construit en 1560 par le roi Setthathirath, il incarne l’art laotien classique avec ses toits bas et évasés. Il est aussi célébré pour son « Arbre de Vie » en mosaïque de verre, ses façades laquées et le char funéraire royal. Il est remarquable tant du point de vue archéologique que du point de vue iconographique et esthétique Laotien.

Beaucoup de maisons traditionnelles Lao subsistent ; elles sont construites en bois en utilisant des techniques anciennes et des matériaux apportés par l’époque coloniale comme les panneaux de bambou tressé enduits de torchis. Des bâtiments coloniaux en brique, souvent avec des balcons et des éléments décoratifs en bois, bordent la rue principale et le Mékong.

D’autres richesses aussi comme le palais royal et son musée national qui abrite dans la pagode Haw Pha Bang la statue du bouddha le plus vénéré du Laos, le Phra Bang (qui venait du Royaume d’Angkor), donna son nom à la ville et contribua à diffuser le bouddhisme theravada au Laos.

Le lendemain, matinée libre et départ vers 13h en bateau  jusqu’aux grottes de Pak Ou *perchées sur d’abruptes falaises de calcaire dominant le Mékong.

* Bien avant l’introduction du bouddhisme, ces cavités naturelles étaient un lieu de culte dédié aux Phi (esprits de la nature et du fleuve). Avec l’expansion du bouddhisme, le site est devenu un sanctuaire majeur et la tradition d’y déposer des statuettes de Bouddha pour s’attirer des mérites ou protéger la ville s’est alors installée. Les deux grottes, Tham Ting et Tham Theung abritent environ 2500 statues de Bouddha pour l’une et 1500 pour la deuxième.

Jour 4

Le Sanctuaire des éléphants

Une journée à caractère philanthropique dans le sanctuaire des éléphants de Shangri-Lao sur la rivière Nam Khan, un autre affluent du Mékong… Interaction avec le mahout et ses éléphants au cours de la balade sur le site avec déjeuner sur place. Bain des éléphants, on peut participer.

Le Laos fut longtemps appelé le pays du million d’éléphants, sa population est aujourd’hui d’un millier dont la moitié vit en captivité. Utilisés par le passé dans l’industrie forestière, ils sont abandonnés et menacés de disparition. Ils ne sont plus assez rentables ! Ce sanctuaire est le premier du pays à avoir œuvré pour la protection des éléphants.

Nuit à Luang Prabang

Jours 5 et 6

Nong Kiaw sur la rivière Nam Ou

Entre les massifs karstiques du Nord du Laos, coule la tranquille rivière Nam Ou qui se mêle aux eaux du Mékong en amont de Luang Prabang. La région est celle des ethnies Lao, descendants des premiers habitants d’origine thaïe.

Séjour de deux nuits dans un village au bord de la rivière, accessible uniquement en bateau de bois

Activités proposées : Tissage, pêche, randonnée de 4h dans la jungle environnante…

Au Laos, une antique tradition de tissage de la soie sauvage ou du coton se perpétue. Chaque village a son savoir-faire qui lui est propre, on peut trouver des métiers à tisser dans presque chacun d’eux et là s’organisent de petites unités de production familiale.

Jour 7

Muang Xai, proche de la frontière chinoise

Départ du village après le petit-déjeuner

Bateau pour Nong Kiaw (1h30)

Minivan pour Oudomxai (Muang Xai) (3h 30)

Nuit à Muang Xai.

Jours 8 et 9 

Départ pour la Chine – Jing Hong

Départ en train à 10h40 de la gare de Muang Xai pour la gare de Xichuangbanna. Escale à Boten, à la frontière lao chinoise pour les vérifications d’identité. Arrivée à 15h à Jinghong

Séjour de deux nuits dans un hôtel avec vue sur le Mékong.  Le lendemain matinée libre.

L’après-midi promenade à travers le luxuriant Parc Manting jusqu’à l’imposant temple bouddhiste Wabajie et son arbre à vœux en plus d’un jardin d’orchidées habité par de nombreux paons, des temples Dai d’influence birmane et thaïlandaise et des étangs de lotus. Le soir on pourra savourer l’ambiance du « Star Light Market « grand marché de nuit de Gaozhuang avec sons et lumières à la chinoise.

Jours 10 et 11

En route pour Jingmai, la montagne de thé du Xishuangbanna 

Balade au marché de Menghai où les différentes ethnies viennent vendre toutes sortes de nourriture, potions, herbes, talismans et autre aphrodisiaque…

Arrêt au village de Banpo, départ d’une magnifique promenade sur la montagne qui abrite les plus anciens théiers du monde (environ 500 ans) et sont cultivés depuis plusieurs centaines d’années par l’ethnie des Blang et des Hani. On peut voir le Old Tea King Tree, arbre vénérable patriarche qui aurait 800 ans. Beaucoup d’arbres incroyables en chemin… comme l’arbre aux abeilles. Surprise, surprise…

Séjour de deux nuits dans une maison d’hôtes située sur une exploitation de théiers.sur la montagne du thé.

Le lendemain balade dans la magnifique forêt de théiers de Dapinzhang sur  les hauteurs de la montagne Jingmai. Dans cette forêt, des cultivateurs attachés à leurs pratiques ancestrales résistent encore et toujours à l’agriculture moderne.

Ce paysage culturel a été façonné sur une période de mille ans par les Blang et les Dai, selon des pratiques qui remontent au Xe siècle. C’est une zone de production de thé composée de villages traditionnels situés dans d’anciens théiers entourés de forêts et de plantations de thé.

La culture traditionnelle de théiers anciens en sous-bois, poussant sous la canonnée de grands arbres est une méthode qui répond aux conditions spécifiques de l’écosystème montagneux et du climat de mousson subtropical, associée à un système de gouvernance assuré par les communautés autochtones. Les cérémonies et festivités traditionnelles sont liées à la croyance aux Ancêtres du thé, selon laquelle des esprits vivent dans les plantations de thé ainsi que dans la faune et la flore locales.

Jour 12

Dali, capitale de l’ethnie Bai

Très jolie petite ville à l’architecture singulière au bord du lac Erhai,  entourée des monts Cangshan. Dali était un Comptoir commercial majeur sur l’ancienne route du Thé et des Chevaux reliant la Chine, Shangri-La et Lhassa au Tibet.

Bien qu’à 2000 mètres, le climat  y est agréable, frais et ensoleillé.

Balade dans la ville et ses jardins qui sont de véritables estampes chinoises avec ponts et portes de la lune*.

*La porte de la Lune est un sujet populaire dans la littérature et l’art chinois. Les poètes, les peintres et les érudits l’ont souvent utilisé comme symbole de beauté, du romantisme et du passage du temps. La porte lune s’associe aux réunions d’amis, d’amoureux au clair de lune évoquant des sentiments de nostalgie et de désir. La porte lune, passage poétique d’un lieu vers un autre…

Nous nous rendons au marché avant de visiter  le merveilleux Jardin des trois pagodes et du temple Chongsheng. Daté du 9ème siècle, sous le royaume de Nanzhao, l’immense temple très endommagé a été merveilleusement restauré il y à quelques années.

Ville d’art et d’architecture, de nombreux jeunes ont délaissé les grandes villes inhumaines pour venir s’installer dans ce nouvel eldorado au milieu de la nature. La ville produit de nombreux marbres qui servent de matériau de construction ou à la création d’objets d’art. Ces marbres sont si célèbres que le mot marbre se dit littéralement en chinois pierre de Dali.

Nuit à Dali

Jour 13 – 14 

Le village de Shaxi, classé Unesco sur l’ancienne route du thé et des chevaux

Arrivée en fin de journée, installation à l’hôtel et diner.

Séjour de trois nuits à Shaxi

Visite de Shaxi à l’esthétique incomparable

Déjeuner libre et shopping

Shaxi fût un carrefour très important sur l’ ancienne route du thé et des chevaux qui reliait la Chine par le Yunnan, le Sichuan, le Tibet avec l’Inde et l’Asie du Sud-Est.

La Route de la Soie a été plus ou moins fantasmée par la littérature et les récits romantiques d’aventuriers mais la Route du Thé et des Chevaux*a belle et bien existé.

* La piste est née du désir de commercer et le village de Shaxi en était l’un des carrefours importants : le thé du Yunnan était échangé contre les chevaux tibétains destinés à lutter contre les invasions du Nord.  Outre les tempêtes de neige, les pluies torrentielles et les bandits incessants, le sentier fut massivement emprunté des siècles durant, même si les cultures situées à ses deux extrémités se méprisaient parfois… Les hommes comme les femmes portaient d’éreintantes charges de thé par ce sentier le plus élevé et l’un des plus rudes d’Asie. La souffrance était terrible. Chaque livre de thé portée valait une livre de riz à la maison… Mao a mis fin à cet esclavage en 1949 quand il s’est emparé du pays, une route carrossable a été construite et en redistribuant les terres des riches aux pauvres, Mao a libéré les porteurs de thé de la servitude. « Cela a été le plus beau jour de ma vie » quand il a reçu sa parcelle de terre et commencé à cultiver son riz, se souviendra un ancien porteur depuis disparu.

Mais l’ancienne et belle Shaxi fut aussi le cœur bouddhiste du royaume Nanzhao de Dali, incarné par le temple de Xingjiao sur la place centrale et construit au XVème siècle sous l’empereur Ming Yongle.

C’est actuellement le plus grand, le plus typique et le plus représentatif des monastères bouddhistes tantriques « Ajili » en Chine, plus précisément, connu sous le nom d’Azhali, une forme de bouddhisme ésotérique unique pratiquée principalement par l’ethnie Bai dans la province du Yunnan.

* L’Azhaliisme est une tradition hybride combinant des influences chinoises (Han), tibétaines et birmanes. Cette région reste le bastion de cette tradition tantrique. On y trouve des grottes sacrées comme celles de Shibaoshan ornées de sculptures liées à ce courant ésotérique.

A quelques kilomètres de là, arrêt au monastère de Diantou, ancien couvent de nonnes laissé dans son état. Visite privée, l’endroit est fermé depuis plusieurs années.

Diner et atelier culinaire avec Carol, chinoise originaire de Hong-kong qui fabrique du vin d’épines de pin et autres délicatesses dans son village.

Jour 15

Randonnée jusqu’aux grottes du Mont du trésor de pierre

Le site des Montagnes Shibaoshan, ou Mont du trésor de pierre, est le plus bel exemple de grottes rupestres du Yunnan datant pour la plupart du royaume Nanzhao. Un trésor d’art bouddhiste ésotérique avec des représentations du Bouddha, de la déesse Guanyin*, et de la cour royale de Nanzhao qui a été mystérieusement préservé dans cette région de la Chine.

*Guanyin est la traduction chinoise d’Avalokiteshvara, le bodhisattva de la compassion. Les bodhisattvas sont des êtres éveillés qui ont choisi de rester sur terre afin de servir d’exemples accessibles aux fidèles et de les aider sur le chemin de la bouddhéité (l’éveil).

Originellement dépeint comme une entité masculine ou non-genrée capable de prendre trente-trois manifestations différentes, Avalokiteshvara est un Sauveur compatissant qui entend les souffrances de l’humanité, sans distinction d’âge, de sexe ou de classe sociale.

Dans la Chine impériale, la figure de Guanyin s’est progressivement fixée sous des traits féminins. À l’instar de la Vierge Marie, Guanyin est devenue une intermédiaire populaire permettant à l’humanité de comprendre le divin.

De plus, l’aspect « queer » n’est pas présenté comme une caractéristique négative dans la culture asiatique, mais est incarné par une déesse puissante et bienveillante. Tout aussi significatifs sont la compassion infinie de Guanyin et son désir d’aller à la rencontre de tous les êtres vivants selon leurs propres termes, consolidant ainsi la dernière transformation du bodhisattva en une icône moderne.

Jour 16

Départ de Shaxi en fin de matinée pour l’aéroport de Lijiang à proximité.

Correspondance pour Canton et retour en France.